Les serpents hivernent au jardin sous l’abri et dans le compost, les craindre est inutile et leur action est inestimable
Quand les températures chutent à l’automne, beaucoup d’animaux modifient leur comportement. Les oiseaux migrent vers des régions plus chaudes, les mammifères se font une fourrure plus dense et certains êtres vivants font des réserves de nourriture. Chez les serpents, c’est différent. Même s’ils peuvent se montrer assez souvent en été dans les jardins, les prairies ou le long des chemins pierreux, à l’arrivée de l’hiver on a l’impression qu’ils ont disparu. En réalité, ils ne vont pas bien loin. Ils cherchent simplement un endroit sûr pour traverser la période froide.
Les serpents sont des reptiles et ils sont ectothermes, ce qui signifie qu’ils ne produisent pas eux-mêmes de chaleur corporelle comme les humains ou d’autres mammifères. La température de leur corps dépend de l’environnement. C’est précisément pour cela qu’on peut les voir, les jours doux, se chauffer au soleil sur des pierres, du bois ou en bordure de chemin. Le soleil leur apporte l’énergie nécessaire pour se déplacer et digérer. Mais dès que les gelées arrivent, ce mode de réchauffement ne suffit plus.
Que font les serpents quand il fait plus froid
À mesure que la température baisse, le métabolisme, le rythme cardiaque et la respiration des serpents ralentissent. Ils cessent d’être actifs et réduisent progressivement leur prise de nourriture. En période froide, leur organisme ne serait d’ailleurs pas capable de traiter correctement les proies. Au lieu de chasser en hiver, ils se concentrent donc sur une seule chose: trouver un abri où la température reste la plus stable possible.
Cette torpeur hivernale est souvent comparée à l’hibernation, mais chez les serpents il est plus juste de parler d’un état proche de la brumation. Il ne s’agit pas d’un sommeil profond et ininterrompu. Le serpent est fortement ralenti, économise son énergie et reste caché la plupart du temps, mais lors d’une journée d’hiver anormalement douce, il peut brièvement sortir en surface pour se réchauffer ou boire, puis regagner son refuge.
L’hibernaculum, un refuge d’hiver sûr pour les serpents
L’endroit où les serpents passent l’hiver s’appelle un hibernaculum. Il doit s’agir d’un espace où la température ne descend pas sous zéro et où ils sont protégés du vent, de l’humidité et des prédateurs. Dans les régions plus douces, un tronc en décomposition, un tas de bois ou un compost peuvent suffire. Dans les zones plus froides, ils s’enfoncent plus profondément dans le sol, souvent sous la zone de gel du terrain.
Les sites d’hivernage typiques peuvent être des terriers de rongeurs abandonnés, des fissures dans la roche, des murets de pierres sèches, les espaces sous un cabanon, une terrasse, ou encore sous de vieilles planches et des tas de matériaux. Un jardin peut donc offrir aux serpents plus de cachettes que la plupart des gens ne l’imaginent. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont dangereux ou qu’ils recherchent activement les habitations. En général, ils cherchent surtout le calme, le sec et des conditions stables.
Pourquoi plusieurs serpents se regroupent parfois dans le même abri
Trouver un site d’hivernage idéal n’est pas simple. Les lieux bien protégés et à bonne température ne sont pas illimités dans le paysage, et il arrive donc fréquemment que plusieurs serpents partagent le même refuge. Chez certaines espèces, c’est tout à fait courant. L’hivernage en groupe les aide à mieux traverser la mauvaise saison et, au printemps, facilite aussi la recherche d’un partenaire.
C’est précisément pour cette raison qu’on peut parfois tomber au printemps sur un gros «peloton» de serpents. La scène peut effrayer, mais il s’agit en réalité d’un comportement naturel lié à la reproduction. Après l’hiver, les serpents reprennent vie, se chauffent et profitent du fait qu’ils se trouvent à proximité d’autres individus.
Le climat et l’espèce font la différence
La durée d’inactivité des serpents dépend du climat, de l’altitude, de la météo et de l’espèce. Dans les régions plus froides, ils peuvent se mettre à l’abri dès octobre et y rester jusqu’au début du printemps. Dans les zones plus tempérées, leur rythme hivernal est plus souple. Quand un redoux survient, ils peuvent se montrer un moment même en plein hiver, puis se retirer dès que le froid revient.
Certaines espèces non venimeuses s’adaptent bien aux abords des habitations, tandis que d’autres préfèrent des milieux naturels plus isolés. De façon générale, ce n’est pas la proximité de l’humain qui les attire, mais la présence d’un abri convenable et d’assez de nourriture durant la période d’activité.
Pourquoi les serpents sont utiles au jardin
Même si beaucoup de personnes les redoutent, les serpents jouent un rôle essentiel dans l’écosystème. Ce sont des prédateurs naturels et ils aident à réguler les populations d’animaux que l’on considère souvent comme des nuisibles. Les plus grands serpents chassent les souris, les campagnols et d’autres petits rongeurs. Les plus petites espèces peuvent, selon ce qui leur est naturel, se nourrir de limaces, d’insectes ou d’amphibiens.
En maintenant l’équilibre des populations de leurs proies, ils rendent service aux jardins, aux champs et aux milieux naturels. En même temps, ils font eux-mêmes partie de la chaîne alimentaire et peuvent être la proie de rapaces ou d’autres prédateurs. Le serpent n’est donc pas un intrus, mais un élément à part entière de la nature.
Dès que les températures remontent au printemps, les serpents reprennent une activité normale et contribuent à nouveau à limiter les pullulations de petits nuisibles autour des jardins et des vergers.

Peut-on créer un abri d’hiver pour les serpents
Si l’on veut soutenir l’équilibre naturel au jardin, on peut offrir aux serpents un refuge adapté. L’essentiel est de choisir un endroit calme et de créer un espace qui reste sec, avec des cavités et une bonne stabilité thermique. Des pierres, des morceaux d’écorce, des branches ou du bois empilé de manière à laisser des interstices peuvent convenir. C’est encore mieux si une partie de cet abri descend sous la profondeur à laquelle le sol gèle en hiver.
Un tel aménagement ne profite d’ailleurs pas qu’aux serpents. Il est souvent utilisé aussi par les grenouilles, les lézards ou des insectes utiles. L’objectif n’est pas d’attirer beaucoup d’animaux près de la maison, mais d’offrir à la nature un coin où elle peut fonctionner sans interventions inutiles. Ceux qui ont peur des serpents devraient garder à l’esprit que ces reptiles recherchent généralement à éviter le contact avec l’humain et, une fois dérangés, tentent de disparaître au plus vite.
Quand les serpents réapparaissent-ils
À la question de savoir quand les serpents ressortent au printemps, il n’existe pas de réponse unique et précise. Tout dépend du déroulement de l’hiver et de la localisation. Dans certains endroits, ils commencent à se montrer dès les premières séries de journées ensoleillées, ailleurs seulement lorsque le réchauffement devient durable. Mais une chose est sûre: la chaleur est pour eux le signal du retour à une vie active.
Ainsi, ne pas voir de serpents en hiver ne veut pas dire qu’ils ont disparu du paysage. Ils traversent simplement la période défavorable à l’abri, en sécurité. Dès que les températures remonteront, ils reviendront sur leurs lieux favoris et reprendront leur rôle d’habitants discrets, mais très utiles, de notre nature.
Source: Martha Stewart, Willys Wilderness , Pestrazahrada.cz
Infirmière de profession, elle est passionnée par un mode de vie sain, la nature et tout ce qui profite à la fois aux gens et au monde qui les entoure. Pendant son temps libre, elle aime jardiner, cuisiner, coudre et prendre soin de sa famille. Dans ses articles, elle adore combiner son expertise professionnelle avec l’expérience pratique du jardin et de la vie quotidienne.
Articles similaires
Vous pouvez remplacer la tondeuse par des moutons Trois petites races entretiennent la pelouse sans tonte de laine
Si la tonte régulière vous fatigue, certaines petites races de moutons peuvent entretenir naturellement une pelouse. Ouessant, Cameroun et Skudde sont robustes, relativement faciles à élever et bien adaptés aux petits terrains.
En hiver, les poules cessent de pondre à cause d’une alimentation jugée idéale, les céréales ne suffisent pas
À l’automne et en hiver, la baisse de ponte n’est pas une fatalité si l’on ajuste l’alimentation, l’eau, la lumière et les conditions du poulailler. Les seules céréales apportent de l’énergie, mais ne couvrent pas les besoins d’une bonne pondeuse.
Combien d’eau boit une poule par jour, le chiffre surprend et double en été, une crête pâle est un avertissement
Une poule adulte boit en moyenne autour de 500 ml d’eau par jour, mais sa consommation peut doubler lors des fortes chaleurs. Surveiller l’abreuvement permet de prévenir rapidement déshydratation, baisse de ponte et stress thermique.
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter.