Arbres fruitiers exotiques résistants à la sécheresse adaptés aux jardins français
Des fruitiers comme le grenadier, l’olivier ou le figuier évoquent pour la plupart des gens les vacances au bord de la mer. Sauf que le climat change et, dans de nombreuses régions, l’été ressemble déjà aux conditions auxquelles ces essences sont habituées. C’est justement pour cela qu’on les voit de plus en plus souvent dans nos jardins, où ils peuvent surprendre autant par leur silhouette que par leurs fruits. La clé de la réussite consiste à choisir une variété capable de supporter les températures hivernales, et à lui offrir un maximum de soleil et d’abri du vent.
Quand l’eau se fait rare, les plus robustes l’emportent
Les épisodes de sécheresse répétés obligent les jardiniers à réfléchir à ce qu’il faut planter pour qu’un jardin fonctionne sans arrosage quotidien. À côté des essences traditionnellement résistantes, comme le noisetier, le châtaignier, l’amandier, l’alisier torminal ou le cornouiller, il vaut aussi la peine de s’intéresser à des espèces autrefois considérées comme plutôt exotiques. Beaucoup d’entre elles savent gérer l’eau avec une grande sobriété et, avec un bon choix d’emplacement, peuvent également survivre à des gels marqués.
De la Méditerranée aux jardins, mais seulement dans les bons emplacements
Cela ne signifie pas qu’un olivier ou un grenadier convienne partout. Ils réussiront surtout dans les régions les plus douces, sur des pentes exposées au sud et en plaine, là où la saison de végétation est longue. À l’inverse, en altitude, dans les cuvettes à gel et dans les lieux où la neige persiste longtemps, ces arbres frileux ne valent généralement pas la peine d’être plantés. Même dans les zones clémentes, il est prudent de prévoir une protection contre les extrêmes, surtout lors de fortes variations hivernales.
Des oliviers qui ont une chance de réussir

Olivier ‘Megaron’
La variété ‘Megaron’ est intéressante parce qu’elle peut, dans de bonnes conditions, se cultiver chez nous et atteindre environ trois mètres en pleine terre. Elle produit des olives plus grosses, à la teinte brune. En cas de risque de fortes gelées, il est judicieux de la protéger, ou de la conduire de façon à pouvoir la couvrir plus facilement. Comme elle garde un port assez compact, elle peut aussi être cultivée en bac, en plante déplaçable.
Olivier ‘Chalkidiki’
‘Chalkidiki’ fait partie des variétés qui supportent le gel jusqu’à environ -15 °C. En dessous, mieux vaut prévoir une protection, surtout pour les jeunes sujets. Son atout est de bien se prêter à la culture en pot : on peut donc la rentrer pour l’hiver dans une serre froide, une véranda non chauffée ou un tunnel. Elle atteint autour de trois mètres et donne des olives vertes.
Des grenadiers pour les audacieux comme pour les prudents
‘Nikitskij černyj’, le favori réputé très rustique
Si vous voulez tenter le grenadier en recherchant un maximum de rusticité, la variété ‘Nikitskij černyj’ est souvent citée. En bonne santé, elle peut supporter des gelées jusqu’à environ -30 °C. Les fruits sont nettement sombres, parfois presque noirs. L’arbre apprécie le plein soleil et les fruits bien mûrs se prêtent aux salades de fruits, aux boissons ou à l’extraction d’un jus pur.
‘Hermione’, aux fruits plus gros et plus sucrés
La variété ‘Hermione’ est appréciée pour ses fruits plus gros et plus sucrés. Sa rusticité est généralement donnée entre -15 et -20 °C, avec une forte dépendance au microclimat et à la protection de l’emplacement. Elle réussit le mieux dans un endroit chaud, abrité et ensoleillé toute la journée. Les fruits conviennent aussi bien à la consommation directe qu’aux salades et mélanges de fruits.
Le figuier et des règles simples pour réussir

‘English Brown Turkey’ et un sol sans complications inutiles
Le figuier, par exemple la variété ‘English Brown Turkey’, n’est généralement pas très difficile sur le sol. Il apprécie toutefois une terre non acide, et tolère souvent très bien une base lourde et argileuse. À la plantation, il est utile d’alléger la terre de la fosse en ajoutant un substrat horticole. Ensuite, un arrosage raisonnable, plutôt modéré, suffit, avec surtout un maximum de soleil.
Moins d’eau peut signifier plus de rusticité
Avec les figuiers, mieux vaut éviter les excès d’arrosage. S’ils ont trop d’eau, ils poussent souvent très vigoureusement, font de longues pousses et le bois n’a alors pas le temps de bien mûrir. Or c’est justement le bois bien aoûté qui est déterminant pour passer l’hiver. Une situation abritée le long d’un mur, à l’abri des vents ou dans une zone chaude du jardin aide non seulement la fructification, mais aussi l’hivernage.
Protection hivernale du figuier pas à pas
Après la récolte en automne, il est conseillé de tailler l’arbre de manière à pouvoir le protéger facilement. Sur les figuiers plus âgés, on raccourcit souvent les branches à environ 2,5 m. Les jeunes pousses souples peuvent être couchées au sol et bien isolées, par exemple avec de la paille, éventuellement complétée par une couche épaisse de branches de conifères et de feuilles. Les branches attachées sont ensuite enveloppées d’un voile d’hivernage, qui doit rester respirant afin d’éviter l’humidité stagnante et l’apparition de moisissures. Ainsi préparé, un figuier peut supporter des gelées autour de -25 °C.
D’autres figuiers qui valent le détour
En plus de ‘English Brown Turkey’, ‘Black Royal’, ‘Black Mission’ et ‘White Royal’ sont également cités comme relativement résistants. La réussite dépend toutefois toujours des conditions locales, de l’âge de la plante et du fait que l’arbre ait le temps, pendant l’été, de bien s’aoûter. Si vous disposez d’un emplacement chaud et que vous êtes prêt à protéger ces fruitiers durant les premières années, ces espèces autrefois réservées aux vacances peuvent devenir des éléments stables de votre jardin et une source de récoltes originales.
Source : Rayon de Serre, Martha Stewart, Pestrazahrada.cz
Amoureux de la nature, du jardin et de tout ce qui bouge, fleurit ou pousse. Il cultive littéralement tout, des herbes aromatiques aux espèces rares, et il aime tout autant s’occuper des animaux. Dans son travail, il relie les technologies modernes aux méthodes traditionnelles éprouvées de grand-mère et il est heureux lorsque les deux voies mènent au même objectif.
Articles similaires
Le semis d’aneth en août assure du feuillage frais jusqu’aux gelées d’octobre
Après les récoltes de début de saison, semer de l’aneth en août permet de profiter d’un feuillage jeune et très parfumé en septembre, souvent jusqu’aux premières gelées. Avec un sol léger et une humidité régulière, la culture est simple et productive.
Les œillets reviennent en force, des fleurs faciles pour le vase et le jardin
Longtemps jugés démodés, les œillets se distinguent par leur diversité, leur tenue en vase et leur facilité de culture. Bien placés et peu arrosés, ils fleurissent généreusement au jardin comme sur balcon.
La fleur d’hibiscus ne dure qu’un jour, pourtant il peut fleurir tout l’été si vous savez comment faire
L’hibiscus offre des fleurs spectaculaires mais fugaces. En ajustant l’emplacement, l’arrosage, la nutrition et quelques gestes simples, il peut fleurir de façon régulière tout l’été.
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter.