Vous pincez les gourmands des tomates le soir Vous risquez de leur nuire plus que de les aider
Si vous voulez récolter de très gros fruits bien sucrés sur des tomates à croissance indéterminée, il ne suffit pas d’arroser et de fertiliser. Ces variétés ont une tendance naturelle à pousser sans cesse et à produire toujours plus de pousses latérales. Sans intervention, la plante devient vite une masse verte impénétrable, impressionnante en apparence, mais qui dépense surtout son énergie en feuilles et en tiges. Résultat : beaucoup de feuillage et, en fin de saison, des fruits plutôt plus petits, qui mûrissent plus lentement.
Pourquoi on enlève les gourmands et ce qui se passe si vous les laissez
Les gourmands sont des pousses latérales qui naissent à l’aisselle d’une feuille, c’est-à-dire à l’endroit où la feuille rejoint la tige principale. Sur les tomates indéterminées, chaque pousse de ce type est, en pratique, le départ d’une nouvelle plante à part entière. Si vous en laissez plusieurs, la plante répartit sa vigueur dans trop de directions et n’arrive souvent pas à nourrir correctement autant de fleurs et de fruits qu’elle en forme.
Le premier problème, c’est la perte d’énergie. La plante envoie une grande partie des sucres et de l’azote dans la production de masse verte au lieu de soutenir la floraison et le grossissement des fruits. Le deuxième problème, c’est le microclimat. Un feuillage trop dense s’aère mal ; la rosée du matin et l’humidité après arrosage restent plus longtemps sur les feuilles, ce qui crée des conditions idéales pour les maladies cryptogamiques. En pinçant régulièrement, on allège la touffe, elle reste plus aérée et sèche plus vite.
En supprimant les gourmands, vous ne privez pas la plante de vie : vous l’orientez simplement pour qu’elle privilégie les fruits plutôt qu’une croissance sans fin.
Matin ou soir : le timing décide de la qualité de la plaie
Le matin, le choix le plus sûr
Le meilleur moment pour enlever les gourmands, c’est le matin. Après la nuit, la plante présente généralement une meilleure turgescence : les tiges sont plus fermes et la pousse se détache nettement sous une légère pression. La plaie est plus petite et plus régulière. De plus, dans la journée, elle profite du soleil et de la circulation de l’air ; elle sèche et se referme plus rapidement. Cela réduit les risques d’entrée de pathogènes dans une blessure fraîche.
Pourquoi le soir fait souvent plus de mal que de bien
Le soir, après une journée chaude, les tomates sont souvent un peu plus flétries et les tissus plus souples. Les gourmands ne cassent alors pas forcément net : on peut facilement arracher au passage un peu d’épiderme ou des fibres de la tige principale. Il se forme une plaie plus longue et ouverte, qui reste humide de longues heures pendant la nuit, lorsque l’hygrométrie remonte. Or, les blessures qui restent longtemps mouillées sont l’une des portes d’entrée les plus fréquentes pour les infections.
Les doigts valent mieux que le sécateur et c’est aussi plus hygiénique
Le plus simple, et souvent le plus sûr, est de pincer avec les doigts. Saisissez le gourmand entre le pouce et l’index, puis pliez-le sur le côté jusqu’à ce qu’il casse. Sur les petites pousses, c’est rapide et la plaie est généralement plus petite qu’après une coupe.
Le sécateur peut poser problème, surtout à cause de la transmission des maladies. Si vous passez de plante en plante avec le même outil, il peut servir de pont très efficace pour les virus et autres agents pathogènes. Si vous devez couper des gourmands plus âgés, épaissis et oubliés, il est judicieux de désinfecter les lames à l’alcool entre chaque plant.
Pourquoi des gourmands repoussent parfois au même endroit
Il arrive qu’après avoir supprimé un gourmand, un autre apparaisse quelques jours plus tard dans la même aisselle. Ce n’est pas une illusion : la plante possède, à ces endroits, plus d’un seul bourgeon dormant. À l’aisselle de la feuille se trouve un complexe de cellules méristématiques capable d’activer un point de croissance de remplacement si la plante interprète l’intervention comme une menace.
Cela se produit souvent lorsque le gourmand est pincé trop tôt, par exemple lorsqu’il ne mesure que quelques millimètres jusqu’à environ 1 à 2 cm, ou quand il reste un petit moignon après l’arrachage. Il est utile de laisser le gourmand atteindre environ 5 cm, soit à peu près la taille d’une allumette. À ce stade, on l’enlève généralement avec son centre de croissance, et les repousses sont moins fréquentes.
C’est un travail de toute la saison, pas une intervention ponctuelle
Les tomates indéterminées poussent pratiquement jusqu’à ce que les premiers froids d’automne les arrêtent. Le pincement des gourmands est donc plutôt un rituel estival régulier qu’un travail unique. En pratique, un contrôle tous les 4 à 6 jours fonctionne bien, car les jeunes pousses s’enlèvent facilement et sans grosses blessures.
En août, on procède aussi souvent au pincement de la tête de la tige principale. Quand la plante porte environ cinq à six étages de fruits, il est souvent raisonnable de stopper la croissance. La raison est simple : dans beaucoup de régions, les fleurs tardives et les tout petits fruits n’auraient plus le temps de mûrir avant l’automne ; mieux vaut donc concentrer la vigueur sur les fruits déjà en place.
L’exception : garder un gourmand et conduire la plante sur deux tiges
La règle de base pour les tomates indéterminées est de les conduire sur une tige principale, mais il existe une variante plus avancée : la conduite sur deux tiges. Elle convient particulièrement aux variétés cerises et cocktail, très vigoureuses et à petits fruits. Au lieu d’une seule tige dominante, vous obtenez deux tiges équilibrées, que vous pouvez attacher séparément.
La méthode repose sur le choix du bon gourmand. Repérez le premier bouquet de fleurs ; juste en dessous, à l’aisselle d’une feuille, se trouve souvent une pousse parmi les plus fortes et les plus productives. On peut la conserver comme deuxième tige principale. Deux conditions s’imposent toutefois : il faut espacer davantage les plants pour éviter une végétation trop dense, et sur la deuxième tige, vous continuez à supprimer rigoureusement ses propres gourmands, sinon l’avantage disparaît vite.
Pourquoi vos doigts deviennent verts après le pincement et pourquoi des démangeaisons apparaissent parfois
Quand vous cassez un gourmand, la tomate dégage une odeur marquée et une sève jaunâtre peut s’écouler de la plaie. Ce n’est pas qu’un simple jus végétal inoffensif. À la surface des tiges, il y a de petits poils, et les tissus contiennent des substances de défense, notamment l’alcaloïde tomatine. Dans la nature, elles servent à dissuader les ravageurs et les insectes qui endommagent la plante.
Chez les personnes plus sensibles, la combinaison de ces substances et des composés aromatiques peut provoquer des démangeaisons, des brûlures ou des rougeurs. Si vous savez que vous réagissez au contact des tomates, le port de gants aide, tout comme le lavage des mains juste après le pincement, afin que la coloration verte et les composés irritants ne restent pas inutilement longtemps sur la peau.
Source: Gardening Know How, Záhrada, Pestrazahrada.cz
Amoureux de la nature, du jardin et de tout ce qui bouge, fleurit ou pousse. Il cultive littéralement tout, des herbes aromatiques aux espèces rares, et il aime tout autant s’occuper des animaux. Dans son travail, il relie les technologies modernes aux méthodes traditionnelles éprouvées de grand-mère et il est heureux lorsque les deux voies mènent au même objectif.
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