Les premières taches sur les tomates peuvent annoncer le mildiou et menacer toute la récolte
Le mildiou fait partie des maladies les plus graves de la pomme de terre comme de la tomate. Il est provoqué par le pathogène Phytophthora infestans, qui, par temps favorable, se propage littéralement à une vitesse fulgurante et peut, en peu de temps, ruiner une part importante de la récolte. Cela ne signifie pas pour autant qu’au premier symptôme tout est perdu. Si vous réagissez à temps et réduisez les conditions qui favorisent la maladie, vous pouvez limiter nettement les dégâts.
Comment la maladie se manifeste sur la pomme de terre et pourquoi elle est dangereuse
L’attaque ne concerne pas seulement les feuilles et les tiges, mais aussi les tubercules, et c’est précisément ce point qui est le plus risqué. Les tubercules infectés se dégradent rapidement et finissent souvent en pourriture humide, déjà en terre ou plus tard au stockage. Le problème, c’est aussi que l’infection peut être véhiculée par les plants. Le pathogène peut survivre dans des tubercules contaminés laissés dans le sol, ainsi que dans des pommes de terre stockées. Après la plantation, il passe ensuite facilement sur la partie aérienne de la plante.
Sur le feuillage, on observe d’abord des taches jaune-verdâtre, souvent sur les bords et les pointes des feuilles, typiquement en bas de la plante. Les taches foncent progressivement jusqu’à noircir et, par temps humide, un duvet gris-blanc est visible sur la face inférieure des feuilles. En cas de forte attaque, le feuillage se dessèche et meurt. Sur les tubercules, on peut voir des dépressions gris-brun assez superficielles et, à la coupe, une coloration brun rouille apparaît sous la peau, en périphérie de la chair.
D’où vient l’infection et quel temps lui est favorable
La porte d’entrée la plus fréquente est le plant contaminé, même s’il ne présente pas forcément de symptômes évidents au premier coup d’œil. Une autre source est constituée par les résidus de végétaux dans le sol. Le développement rapide est favorisé par une forte humidité de l’air, des pluies fréquentes et des températures douces, environ entre 12 et 23 °C. Les spores sont transportées par le vent et l’eau, souvent sous forme de fines gouttelettes, ce qui permet à la maladie de se propager sur de plus grandes distances. Le risque n’est toutefois pas exclu lors de journées plus chaudes au-delà de 26 °C, si alternent périodes sèches et humides.
Sur la pomme de terre, les premiers symptômes peuvent apparaître dès le mois de mai ou au début de l’été, surtout sur les variétés précoces. Les tomates sont souvent touchées ensuite, notamment si elles poussent près des rangs de pommes de terre.
Quatre mesures pratiques pour limiter le mildiou sur les tomates
Le bon emplacement aide énormément. Les tomates ont besoin de plein soleil et d’une bonne circulation d’air afin de sécher rapidement après la rosée du matin, le brouillard ou des nuits fraîches. Évitez les endroits qui restent longtemps à l’ombre d’arbres ou de bâtiments au petit matin.
La rotation des cultures est également importante. Ne replantez pas les tomates au même endroit et évitez les parcelles où des pommes de terre ont poussé la saison précédente. Des tubercules oubliés peuvent rester dans le sol et devenir une source d’infection.
Gardez la culture bien aérée. Ne lésinez pas sur l’espace entre les plants, palissez-les sur un support et supprimez régulièrement les gourmands, afin que le feuillage sèche plus vite après la pluie et que l’humidité ne stagne pas au cœur de la végétation.
Arrosez de façon à ne pas mouiller les feuilles. Le mieux est un arrosage au pied. Si vous devez arroser par-dessus, faites-le le matin, par temps annoncé ensoleillé, pour que les plantes aient le temps de sécher complètement le plus vite possible.
À quoi ressemble le mildiou sur les tomates
Sur la tomate, la maladie peut endommager les feuilles, les tiges et les fruits. Elle commence souvent par des taches gris-vert, d’aspect humide, qui s’agrandissent rapidement. Par temps humide, un duvet blanchâtre apparaît sur la face inférieure des feuilles. Les feuilles se flétrissent ensuite, se dessèchent, ou, en cas d’humidité prolongée, peuvent même pourrir.
Sur les tiges, on voit apparaître des taches brunes nettement délimitées. Les fruits sont souvent attaqués à partir du calice, où se forment des taches gris-vert à brunes et où la surface peut paraître fripée. La chair sous la zone atteinte durcit, les fruits ne mûrissent pas et, en cas de forte attaque, la plante perd sa surface d’assimilation, cesse de croître et ne parvient plus à produire une récolte de qualité.

La prévention est la défense la plus efficace
La base de la protection consiste à prévenir les problèmes avant qu’ils ne s’installent vraiment. Pour la pomme de terre, il est essentiel d’utiliser des plants sains, idéalement certifiés, et de respecter la rotation des cultures. Pour les tomates, il est judicieux de ne pas les installer là où des pommes de terre ont poussé l’année précédente. Une bonne conduite de culture aide aussi : des espacements suffisants, un endroit ensoleillé et aéré sans ombre permanente, et un arrosage dirigé au pied.
Sur la pomme de terre, un buttage plus haut est également utile, car il rend plus difficile la transmission de l’infection vers les tubercules. Dès l’apparition des premiers symptômes, il est rentable de retirer soigneusement les feuilles atteintes et de les éliminer afin qu’elles ne restent pas sur la planche comme source supplémentaire de spores.
Protection chimique et règles de bonne utilisation
Les traitements se réfléchissent généralement en période de forte pression infectieuse, souvent de la mi-juin au début août. Il est pertinent de suivre les avertissements phytosanitaires et la météo du moment, car la réussite dépend surtout du bon timing. Quand le risque est faible, des fongicides de contact peuvent suffire ; en cas de forte pression, on utilise des produits systémiques.
Il n’est pas recommandé d’utiliser longtemps de suite la même substance active ou le même produit. Alterner permet de réduire le risque d’apparition de résistances du pathogène.
Le traitement est généralement renouvelé tous les 7 à 14 jours selon l’évolution de la météo et de l’infection. Sur les variétés sensibles, la protection est mise en place plus tôt, souvent dès que le feuillage se referme ; sur les variétés moins sensibles, par exemple au début de la floraison. Il est parfois recommandé, pour les tomates, de commencer la protection chimique seulement lorsque les premiers symptômes apparaissent sur les pommes de terre des alentours, afin d’éviter des pulvérisations inutiles en l’absence de risque réel.
Source : Gardenia, Zahrádkár, Almanac, Pestrazahrada.cz
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