Les pivoines peuvent être transplantées et septembre est le moment idéal
Chez les jardiniers, l’idée que les pivoines ne se transplantent pas a longtemps circulé. En réalité, il s’agit plutôt d’une règle simplifiée qui, avec le temps, a pris l’allure d’un principe presque intangible. La raison principale est que les pivoines peuvent prospérer au même endroit exceptionnellement longtemps, souvent des dizaines d’années. Cela ne signifie pourtant pas que tout déplacement entraîne automatiquement des problèmes.
Les références horticoles décrivent la division et la transplantation des pivoines comme une pratique courante. Si l’opération est réalisée à la bonne période et correctement, la plante supporte très bien le transfert. L’automne, et surtout septembre, est d’ailleurs considéré comme la période la plus favorable.
Pourquoi septembre est idéal
À la fin de l’été, les pivoines entrent progressivement dans une phase plus calme. La partie aérienne est moins active et la plante stocke de l’énergie dans ses racines charnues. Le sol, lui, reste encore chaud alors que l’air commence à se rafraîchir. C’est précisément cette combinaison qui limite le stress après transplantation et laisse aux nouvelles racines la possibilité de continuer à se développer.
Le système racinaire poursuit sa croissance bien après la fin de la saison, tant que le sol ne s’est pas nettement refroidi. En conditions françaises comparables, cela représente généralement plusieurs semaines pour s’enraciner avant les gelées. Dans les régions plus douces, la fenêtre est plus longue ; en altitude, en revanche, il est préférable de ne pas tarder et de terminer plutôt avant la mi-septembre.
La profondeur de plantation détermine la floraison

L’erreur la plus importante lors d’une transplantation est une mauvaise profondeur de plantation. Pour les pivoines herbacées comme pour les pivoines Itoh, il faut repérer les bourgeons, souvent appelés « yeux ». Ce sont eux qui, au printemps, donneront les nouvelles pousses et les fleurs. Ces yeux doivent se situer juste sous la surface, à environ 2,5 à 3 centimètres.
Si la plante est installée trop profondément, elle produira beaucoup de feuilles, mais les fleurs peuvent manquer ou rester très faibles. Les pivoines Itoh se comportent à ce niveau comme les pivoines herbacées classiques, et la règle est donc la même. Les cultiver en pot n’est en outre généralement pas idéal, car elles ont besoin de place pour s’enraciner correctement.
Comment procéder avec les pivoines herbacées et Itoh
Il vaut mieux soulever la touffe avec précaution, idéalement à la fourche-bêche, afin d’abîmer le moins possible les grosses racines de réserve. Une fois la terre enlevée, il est conseillé de diviser la plante en sections plus petites. Chaque éclat devrait avoir idéalement 3 à 5 yeux, avec un volume de racines proportionné. Des éclats trop petits reprennent, mais la floraison généreuse se fait généralement attendre davantage.
Après la mise en place dans la nouvelle fosse, il faut contrôler précisément la profondeur des bourgeons. Le premier hiver après transplantation, une légère protection est bénéfique, par exemple une couche de paille ou d’aiguilles de pin. Au printemps, il est toutefois indispensable de dégager la zone de reprise, pour éviter d’étouffer les bourgeons et de les laisser inutilement enterrés.
Les pivoines arbustives ont d’autres exigences
Pour les pivoines arbustives greffées, le principe est l’inverse de celui des pivoines herbacées. Le point de greffe doit être placé nettement plus profond, à environ 15 centimètres sous la surface du sol. Ainsi, la partie greffée finira par produire ses propres racines et ne dépendra pas uniquement du porte-greffe.
Confondre ces deux règles est une erreur majeure. En plantant une pivoine herbacée trop profond, on se prive de fleurs. À l’inverse, si l’on plante une pivoine arbustive greffée trop superficiellement, on limite son bon enracinement et son développement à long terme.
Différence entre une vieille touffe et un plant en conteneur

Le déplacement le plus délicat est celui d’une vieille touffe bien installée, restée au même endroit pendant de nombreuses années. Une telle plante a des racines puissantes et longues, qui sont presque toujours raccourcies en partie au moment du déterrage. Si l’on déplace la grosse touffe telle quelle, sans la diviser, elle peut végéter longtemps après transplantation. La division en plusieurs éclats est donc souvent plus judicieuse.
À l’inverse, un plant en conteneur acheté en jardinerie présente généralement moins de risques. Il pousse le plus souvent à la bonne profondeur et la motte peut être installée au jardin en la perturbant très peu. Il faut aussi manipuler avec soin un éclat fraîchement obtenu auprès d’un autre jardinier. Il est utile de vérifier l’état des racines, d’éliminer les parties abîmées et d’éviter que le cœur de la plante ne se retrouve peu à peu enterré sous du compost ou du paillage.
Quand les fleurs reviennent
Après une transplantation à l’automne, il n’est pas rare qu’une pivoine ne fleurisse que faiblement la saison suivante, voire pas du tout. La plante consacre d’abord son énergie à reconstituer son système racinaire. Un retour plus complet de la floraison intervient souvent au bout de deux à trois ans, et plus tard encore pour les petits éclats.
Si la pivoine ne fleurit pas même après un délai plus long, la cause la plus fréquente est une plantation trop profonde, un emplacement trop ombragé, un excès d’azote ou une suppression trop précoce du feuillage en été. Le mieux est de corriger la situation à l’automne. C’est à cette période que les pivoines ont le plus de chances de supporter un déplacement sans affaiblissement inutile.
Les pivoines n’interdisent donc pas la transplantation. Elles exigent simplement la bonne période, un geste délicat et surtout une profondeur de plantation précise.
Source: Peonita, Martha Stewart, Pestrazahrada.cz
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