L’arrosage des arbres fruitiers en mai en période de sécheresse influence fortement la taille et le goût de la récolte
Le manque de précipitations se fait sentir sur une grande partie du territoire ces dernières semaines, et au jardin cela se remarque très vite. L’hiver a parfois été pauvre en pluie comme en neige, puis le printemps a apporté des températures plus élevées et du vent, qui « aspirent » littéralement l’humidité des couches superficielles du sol. C’est précisément pendant la floraison et la nouaison que l’eau est cruciale pour les arbres fruitiers. S’ils souffrent durablement de sécheresse, cela ne se traduit pas seulement par une moindre quantité de fruits, mais aussi par une baisse de leur qualité, de leur calibre et par une diminution de la vitalité générale de l’arbre.
Comment le manque d’eau se manifeste sur les arbres fruitiers
Quand l’arbre manque d’humidité, il passe en mode économie. La priorité est de survivre, et il peut donc limiter tout ce qui lui coûte de l’énergie et de l’eau supplémentaires, y compris le développement des fruits. Pour le jardinier, il est important de savoir lire les signaux de la sécheresse à temps, car une intervention tardive peut ne plus permettre de sauver la récolte dans toute son ampleur.
Ralentissement ou arrêt de la croissance des fruits
Le manque d’eau freine la division cellulaire dans les jeunes fruits. Le résultat est souvent un calibre plus petit, avec des fruits parfois développés de façon inégale. Même s’ils finissent par mûrir, ils peuvent être moins juteux, avec une texture de chair moins agréable et une saveur plus fade. Sur certains arbres, on observe aussi de plus grands écarts entre les fruits d’une même branche.
Forte chute des fruits dès le mois de mai
Chez les pommiers et les poiriers, on parle souvent de la « chute de juin », lorsque l’arbre réduit de lui-même le nombre de fruits selon ce qu’il est capable de nourrir. En cas de sécheresse extrême, cette régulation naturelle peut toutefois se déclencher plus tôt et bien plus intensément, parfois dès le mois de mai. L’arbre se débarrasse ainsi des fruits qui, en période de stress, représenteraient une charge trop importante.

Flétrissement des feuilles et chute prématurée
En cas de manque d’eau, les feuilles perdent leur fermeté et la tension des tissus, ce qui se traduit extérieurement par un affaissement et un flétrissement. L’arbre cherche ainsi à réduire la surface par laquelle il évapore l’eau. Si la sécheresse se poursuit sans aide rapide, il peut aussi y avoir une chute des feuilles, parfois même encore vertes. On le voit souvent, par exemple, sur de jeunes pêchers qui, sans arrosage régulier en période sèche, dépérissent rapidement.
Pourquoi un bref arrosage au tuyau ne suffit généralement pas
Un arrosage occasionnel de quelques secondes ne fait souvent qu’humecter la surface pour un temps très court. Cette faible quantité soit ne pénètre que dans une mince couche superficielle, soit s’évapore rapidement avant d’atteindre les racines. L’arrosage n’est réellement efficace que lorsqu’il humidifie le sol en profondeur, là où l’arbre absorbe activement l’eau. Pour des arbres et arbustes fraîchement plantés, au système racinaire plus superficiel, une dose plus faible peut avoir du sens, mais uniquement si elle est régulière. Sans régularité, l’effet disparaît vite.
Quelle quantité d’eau donner aux jeunes arbres et aux arbustes fruitiers
Pour des jeunes arbres d’environ 1 à 3 ans, en période de sécheresse, il est conseillé d’arroser environ deux fois par semaine, à raison de 20 à 30 litres par arbre. À ce stade, la plus grande partie des racines est concentrée près du tronc ; on peut donc arroser directement au pied pour que l’eau arrive là où l’arbre l’utilisera rapidement.
Pour les jeunes arbustes fruitiers, une dose pratique de repère est d’au moins 15 litres d’eau deux fois par semaine. Ici aussi, une vraie irrigation qui imprègne réellement le sol vaut mieux qu’un arrosage léger et fréquent.

Arrosage des arbres adultes en production et où diriger l’eau
Les arbres adultes en pleine production, avec un feuillage abondant, ont des besoins plus élevés. En période de sécheresse, ils nécessitent généralement environ 60 à 120 litres d’eau au moins une fois par semaine. Leur système racinaire est plus profond et s’étale davantage ; il peut donc, en théorie, aller chercher l’humidité des couches inférieures, mais lors d’une sécheresse prolongée, ces réserves peuvent aussi faire défaut.
Sur les grands sujets, il n’est pas judicieux de verser toute l’eau uniquement au pied du tronc. Il est plus efficace de la répartir en couronne autour de l’arbre, à environ 1 mètre du tronc, afin d’humidifier le sol de façon homogène et d’éviter que l’eau ne s’écoule au loin. Il faut aussi garder en tête que les racines les plus actives, celles qui absorbent le mieux l’eau, se situent souvent sous l’aplomb du bord de la couronne. En dirigeant aussi l’arrosage vers ces zones, l’arbre en profite nettement plus et supporte mieux la période de stress.
Source : Urob si sám, RHS, The Spruce, Pestrazahrada.cz
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